mar 8 mars 2011 dans En vrac par admin

Il y a peu de temps, j’ai osé mettre sur ma page personnelle facebook que je lorgnais du côté du dernier joujou de la pomme, j’ai nommé Ipad, deuxième du nom. Que n’avais-je pas fait là!

Au début était le néant

Je dois admettre, je manque d’objectivité à l’égard des produits apple. Ils sont beaux, ils sont frais, « tu sais ce qu’il te dit mon poisson? »… pardon, digression… J’aime ces produits, certains cependant suscitent toujours mon questionnement, tels que le mac book air… Une copulation hasardeuse entre un macbook et un ipad qui aurait donné naissance à ce truc… Je comprends pas trop l’intérêt… pour la portabilité ipad et pour la puissance macbook? non?… bref, là n’est pas le débat…

Je lorgnais donc sur le nouveau joujou devenu signe extérieur de richesse et de pouvoir.  Signe de pouvoir, oui, seul mes hauts directeurs possèdent ce type de jouets dans leurs outils professionnels. L’intérêt? Je le cherche encore…

Ils vont faire une révolution je vous dit!

Cette petite merveille de technologie a pourtant grandement modifié mon quotidien. A la genèse de la bête, je n’y croyait absolument pas, j’étais un des plus sceptiques, ne comprenant pas l’intérêt pour ce machin hors de prix, pourfendeur de cervicales et ne respectant aucun formats techniques classiques du web. Mais son petit frère l’iphone avait montré la voie. Apple par son marketing très agressif et ses technologies imposées et non compatibles à réussit à modifier les usages du web.
Finit le flash, ou très peu, pour des sites spécifiques sacrifiés à ne jamais apparaitre sur mobiles ou ipad. Les plateformes de diffusion de vidéo sur le web obligées de mettre en place un nouveau lecteur, avec un nouveau codec. Une prise en compte de l’ergonomie foncièrement réduite à l’essentiel, mais au final génératrice d’une épuration des contenus très bénéfique.
Des gestes deviennent familiers voir incontournables, les deux doigts écartés qui font un zoom, désormais copié en série sur les nouveaux mobiles…

Les usages professionnels se développant, je ne peux malheureusement pas passer outre désormais les plateformes apple.

« Vous allez tuer la presse » qu’on me dit!

Une des mes amies (que je salue bien bas au passage) en réponse à mon questionnement sur facebook d’un achat non raisonnable me dit :  » tu sais que tu vas tuer une presse si tu t’achètes ce genre de chose… vas y, vas y, vas tirer sur ton marchand de journaux !!!!!!!! » Bon… Comment dire… Je suis un fervent défenseur et partisan de la presse papier. Je ne pense absolument pas que ce type de plateforme supprimera quelconques journaux. Ce sont des médias différents, ils ont une utilisation différentes. Je ne pense pas que l’ipad ou autre terminaux mobiles  soient à l’origine des difficultés de la presse. Bien au contraire! Personnellement je n’aime pas lire mon journal sur un écran, je ne cherche pas les mêmes infos, le même traitement et les mêmes contenus sur du papier. Le médium numérique est un outil permettant de rajouter tellement d’autres contenus que sur du papier! Je veux parler de vidéos, de sons, de commentaires, de forum, de liens… Tant de choses que le papier ne permet pas.

J’ai l’impression parfois de réentendre les débats du temps de Nadar sur la photographie allant tuer la peinture, la radio allant tuer la vente de production sonore, les journaux gratuits tuant la presse écrite… Ce sont des supports DIFFÉRENTS et COMPLÉMENTAIRES!

La presse doit évoluer

Bien que je ne pense pas que les supports numériques viennent faire du mal au papier, il va (selon moi) falloir que la presse écrite évolue. Les gens ne lisent plus, pas plus sur le papier que le web, je pense qu’il faut plutôt incriminer nos parents et la télévision.

Les médias papiers et web vont devoir se faire une identité et une valeur ajouté qui leur sont propres.  La presse écrite ne devrait-elle pas se perfectionner dans le mythe qu’elle entretient depuis des décennies, à savoir un contenu de qualité? La notion de qualité semble avoir fuit les bureaux de rédactions de la presse quotidienne régionale. Y a-t-elle d’ailleurs déjà été? Que viennent chercher les consommateurs de cette presse? Quel âge ont ces personnes? Qu’en sera t’il dans 20 ans, lorsque le papyboom sera passé?

Pour ce qui est de la presse nationale, là aussi la tendance est au tirage et non plus à l’investigation. Je me retrouve parfois choqué en lisant Libé ou Le monde du manque d’objectivité nécessaire à la fonction de journaliste. Effectivement je sais ce que je viens chercher en lisant ces journaux, mais tout de même, un tel parti pris ressemble bien souvent plus à de la communication qu’à de l’information…

Un contenu participatif, mais oui!

Le média web, en plus des différents supports (vidéo, audio, photos…) dont il s’agrémente, jouis d’une forme de « journalisme » nouveau, le participatif. Ainsi c’est l’internaute qui crée le contenu. On voit l’exemple très clairement sur des sites comme Rue89, où c’est parfois (voir très souvent)  les commentaires plus que l’article en lui-même qui suscitent l’intérêt de la lecture. De plus ces commentaires ont un rôle de validateurs. Il y a toujours une personne un peu calée dans le domaine traité pour apporter un éclairage de plus, contredire ou valider le propos de l’article. Médiapart l’a bien compris aussi, en plus d’ouvrir le débat, ces médias numériques proposent la parole à l’internaute via des blogs qu’ils peuvent créer sur ces plateformes. Certains sont d’une excellente qualité et dignes de figurer dans certaines colonnes… Cette facilité de publication et sa quasi gratuité ne peuvent que faire peur au papier, je le comprends…

On le voit, le papier et le web, ce sont deux supports de diffusion complémentaire. Si l’un tend un peu plus vers la qualité et l’autre vers le complément de contenu ils s’aideront l’un l’autre.

Ce qui répond à l’interpellation de la petite dame (que je resalue bien bas au passage): non je ne pense pas tuer mon marchand de journaux.

Ipad produit propre?

Si on s’abstient de comptabiliser la déforestation nécessaire et la pollution générée par la fouille de matières premières enfouit dans le sol telles que le cuivre, le cadmium, le Bérylium ou autre, effectivement, l’ipad n’a pas besoin d’arbres et d’encre toxique.

Si on occulte les conditions de travail des assembleurs chinois.

Si on occulte le fait qu’ Apple ait reconnu l’an dernier avoir eu des enfants dans leurs effectifs de sous-traitants.

Si on occulte les réels problèmes de recyclage de nos appareils mobiles ou ordinateurs.

Si on occulte le fait qu’un produit apple (dans son format mobile) est obsolète 1 an et demi plus tard (apple lançant une nouvelle version de l’iphone et de l’ipad par an). Ce qui génère une montée de l’ultra consommation.

Alors oui, les produits de la pomme sont responsables et éthiques.

Que dois-je faire?

Étant professionnel du web, je suis malheureusement partie prenante. Je fais partie de la vilaine machine consommatrice et ne peux passer outre ces plateformes. C’est pourquoi je n’achèterai pas l’ipad 2, mais s’il m’est fourni dans le cadre de mon travail je serais extrêmement ravi! On peut toujours rêver…

Partagez!:
  • Print
  • del.icio.us
  • Facebook
  • Google Bookmarks
  • Technorati
  • Twitter
  • Wikio FR
  • email
  • RSS

2 commentaires à “De l’éternel paradoxe du technophile soucieux”

    la petite dame le 8 mars 2011 à 19 h 28 min

    alors je suis très honorée d’être mentionné dans ton « édito » … mais tu assimiles deux choses bien différentes dans ta défense : l’Ipad ne fait aucun mal aux journaux effectivement par ils doivent faire et évoluer avec, je suis bien d ‘accord, mais le web en général fait mal aux VENDEURS de journaux et l’Ipad par dessus tout… voilà ! :-) )

    admin le 9 mars 2011 à 2 h 31 min

    Tres heureux de retrouver la « petite dame » ( c’est affectif, tu l’auras compris ;) ) ici.
    Mais si la presse papier se porte mieux, le vendeur aussi, non?

Laisser un commentaire